Economie Sociale et Solidaire et développement des territoires
mercredi 23 juin 2010.
Apporter une réponse aux problèmes liés à la mondialisation et à la fragilisation des territoires : le développement local endogène
Comment, réciproquement, les territoires peuvent-ils dépasser un statut passif de réceptacles de l’activité économique pour construire de véritables stratégies de développement local ? Comment analyser ces stratégies de développement local à la lumière des effets de proximité dont elles entendent (ou n’entendent pas) capter les bénéfices ?
« Étant donné sa logique de dévolution des excédents, l’économie sociale et solidaire est plus susceptible de réinvestir les bénéfices dans le territoire qui les génère. Elle est capable de mobiliser non seulement les acteurs qui connaissent le mieux leur milieu et sont les mieux placés pour lancer les initiatives appropriées mais aussi d’activer les ressources locales, d’adapter la création ou l’augmentation de l’activité économique aux nécessités locales (par exemple, les services de proximité) ou au tissu productif local, de maintenir des activités économiques qui risquent de disparaître faute de rentabilité (comme l’artisanat) ou à cause d’une forte concurrence (comme les industries traditionnelles) ».
Danièle DEMOUSTIER (IEP Grenoble) .
Les 6 atouts de l’économie sociale et solidaire pour développer les territoires :
• Les entreprises de l’ESS ne sont pas volatiles : l’entreprise « appartient » au territoire, elle y est attachée : ses propriétaires qui sont les associés d’une coopérative, les adhérents d’une association, les sociétaires d’une mutuelle vivent sur le territoire et contribuent à son développement en répondant au besoin de sa population. Elles ne sont pas constituées de capitaux volatiles, mais sont des groupements de personnes. La question de la délocalisation de l’entreprise ne se pose donc pas.
• Elle répond à des besoins du territoire.
• La réponse apportée est collective et co-construite sur le territoire : les citoyens (sociétaires, adhérents, associés) sont associés aux réflexions et participent à une mission de recherche et développement sur les territoires, veille économique et sociale.
• Les entreprises de l’ESS sont adaptées pour expérimenter des solutions.
• Elles créent naturellement des solidarités en interne entre les hommes et en externe, notamment entre différents produits, différentes activités, différents territoires, entre sociétés marchandes et non marchandes.
• Les entreprises de l’ESS inscrivent leur action dans la durée : la transmission de l’activité se fait naturellement entre génération d’adhérents, d’associés, de sociétaires.
L’ESS a donc un rôle de régulation par la création de solidarités, par la mutualisation de moyens et d’énergies, par le développement d’un esprit de coopération. Elle base son action sur l’idée d’un développement endogène des territoires.
2) Construire un territoire socialement responsable
Un territoire peut être défini comme étant socialement responsable lorsqu’il parvient à intégrer dans ses décisions économiques des dimensions sociales et environnementales, partager un modèle de valeurs et une méthode participative dans les processus décisionnels, favoriser les bonnes pratiques et une interaction continue entre les acteurs concernés, afin d’encourager l’innovation et la compétitivité.
3) Favoriser la création d’emplois directs sur les territoires
La mondialisation et la fragilisation des territoires nécessitent une capacité à mobiliser le potentiel économique endogène, d’ancrer le tissu d’entreprises de construire collectivement de nouvelles synergies pour la dynamisation globale du territoire. Pour ce faire, l’économie sociale et solidaire possède un vaste potentiel pour lancer des processus de développement endogène.
Les résultats : la création d’emplois directs répondant aux besoins des territoires :
En 2007 l’économie sociale et solidaire compte 2.2 millions emplois en France.
On constate une progression de 320 000 emplois depuis l’année 2000, dont 42 500 entre 2006 et 2007. Entre 2006 et 2007, la progression des emplois dans l’économie sociale et solidaire a été de 2 % contre 0.6 % dans le secteur concurrentiel (hors ESS).
